Eric Fournier : « Eric Raffin ? Un perfectionniste »

Dans la course au Sulky d’Or, Eric Raffin peut compter sur un homme de l’ombre : son agent. Eric Fournier épaule le driver depuis près de deux ans. Une nouvelle casquette pour lui, malgré un profil assez atypique dans ce milieu où la reproduction sociale est forte. Un agent qui se veut être un « confident et parfois un punching-ball ». Interview. 

Fournier

Lad, apprenti footballeur, entraîneur, driver, agent. Le parcours d’Eric Fournier est singulier, pour cet homme qui a connu les courses grâce à son père, turfiste. Voyageur, il a travaillé aux quatre coins de la France (dans le Sud-Ouest chez Dominik Cordeau, dans le Centre-Est chez Loïc Lerenard, dans le Nord au sein de l’écurie Fiolet, dans le quart Normandie chez Jean-Pierre Dubois et dans l’Ouest chez Loic Dalifard et l’écurie Minier, où il a été l’entraîneur).

En 2016, Eric Fournier stoppe son activité d’entraîneur particulier de l’écurie Minier « J’étais arrivé au bout d’un cycle, j’ai décidé de faire un break ». A 45 ans, il se retrouve au chômage. Une remise en question personnelle qui l’amène à se lancer en tant que prestataire chez divers professionnels… juste avant de devenir, par le plus grand des hasard, agent.

Depuis combien de temps connaissez-vous Eric Raffin ?

« J’ai connu Eric lorsque j’étais garçon de cour chez Loïc Dalifard. A cette époque, il était apprenti et montait un ou deux chevaux de l’écurie. Nous nous sommes côtoyés à cette période. C’est également une vraie camaraderie avec son frère Olivier. Quand j’étais entraîneur, ils ont gagné pour moi. »

Comment Eric vous a-t-il demandé pour être son agent ?

« J’avais dit à Eric qu’il devrait prendre un agent car le métier changeait. Au départ, il était réticent. Il aime bien le contact avec les gens et pensait que ça allait être éphémère, voire nocif pour les rapports entre les drivers, jockeys et entraîneurs.

Quelques mois après, il m’a appelé et il m’a fait cette proposition. Je me suis demandé si c’était une blague. Eric en avait parlé avec sa femme et il jugeait que je possédais le profil et les capacités, à mon grand étonnement. Nous sommes partis pour un mois d’essai. Je ne me voyais pas faire ce job et aborder la chose de bonne manière. A la fin du mois, je pensais que nous en resterions là.

J’ai été bien reçu par certains, et très bien reçu par d’autres. Aujourd’hui, ce sont eux ces entraîneurs qui me permettent de vivre. Je leur dois tout. »

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Quels sont les entraîneurs avec lesquelles vous collaborez le plus ?

« Ce qui me fait le plus plaisir, c’est qu’Eric soit à la disposition de tout le monde. Sans être péjortatif, tendre la main à un « petit » entraîneur, il adore ça. C’est la marque de fabrique de la famille Raffin : avoir un grand coeur. Eric n’est pas inaccessible. Le but c’est de gagner des courses mais il ne faut pas oublier qu’il faut s’ouvrir à tout le monde. »

Quelle est la principale qualité d’Eric ?

« Perfectionniste. Si j’avais côtoyé des gens comme Eric lorsque j’étais entraîneur, j’aurais gagné plus de course. Ce que je négligeais, il en fait un détail capital. Il ne laisse rien au hasard. Un exemple. Il est tous les jours aux courses, en journée ou en nocturne. Tous les matins, il se lève tôt et va faire son jogging ou du vélo parce qu’il veut faire le poids et avoir le moins de masse graisseuse possible. »

Et son principal défaut ?

« Perfectionniste (rires). Il va tellement vouloir obtenir « le plus du plus » que par moment, il va en être envahissant. A un moment, vous vous remettez en question tellement il pense qu’il y a toujours un peu de marge dans ce qu’il fait. Il possède le défaut de ses qualités. »

« Je préfère qu’il me donne des coups à moi plutôt qu’ils rentrent chez eux frustrés et que leur famille en pâtisse. J’ai la prétention d’être leur confident et parfois leur punching-ball »
Eric Fournier

En quelques sorte, vous êtes sa deuxième mère ?

« Certains font ce métier pour le côté business. Je ne ferais pas ce métier simplement avec cette vision. Je veux nouer une amitié, une complicité, avec chacun de mes drivers ou jockeys. (Eric Fournier collabore également avec Anthony Barrier, Christopher Corbineau, Jean-Yann Ricart, Antoine Voisin et Benoît Robin)

Je préfère qu’ils me donnent des coups à moi plutôt qu’ils rentrent chez eux frustrés et que leur famille en pâtisse. J’ai la prétention d’être leur confident et parfois leur punching-ball. Il faut accepter le rôle de « tampon » entre le driver et l’entraîneur. Ce dernier a besoin de faire tourner son entreprise et de nourrir sa famille et les jockeys sont le dernier maillon de la chaîne. Ils se doivent d’être bons, agréables, professionnels et qu’ils se rendent compte de la confiance que leur accorde les entraîneurs. »

Votre emploi du temps vous permet-il d’aller aux courses ?

« J’ai un petit côté mal à l’aise d’être aux courses, de voir ces entraîneurs stressés en fonction du résultat. De mon côté, je suis mal à l’aise d’être de l’autre côté de la barrière, à attendre que cela se passe. Le métier d’agent, c’est un pont fictif entre le jockey/driver, l’entraîneur et ou propriétaire.

Quant il y a un cheval qui gagne, les lads ont bien plus d’importance que l’agent qui a pris son téléphone. Au niveau de la hiérarchie, l’agent ne vaut pas plus que les petites mains qui se privent d’une vie parce qu’il y a des courses tous les jours. »

© Photo de Une
Dorian Monnier, Scoopdyga.com
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